Introduction

Un réseau social numérique est une application Internet dédiée à la communication avec des connaissances, ses ami(e)s ou la famille. Cela permet ainsi la rencontre de nouvelles personnes ou alors dans certains cas la construction d’un réseau professionnel afin de mieux communiquer avec ses collègues. Le principe de base est le même pour tous les réseaux sociaux numériques : on s’inscrit, on crée son profil en mettant des photos et certaines informations nous concernant pour ensuite inviter des « ami(e)s » à nous rejoindre. Les réseaux sociaux sont avant tout, pour un grand nombre d’internautes, un moyen de mettre en valeur leur réputation virtuelle (l’e-réputation) qui peut se traduire par un très grand nombre d’ « ami(e)s » entre autre. Les deux aspects particulièrement importants d’un réseau social numérique pour le Web marketing sont le dynamisme des membres et le niveau de confiance qu’ils portent les uns envers les autres. Grâce à cela une information jugée intéressante par un internaute pourra très rapidement être diffusée à d’autres et bientôt propagée à l’ensemble du réseau. Voici quelques exemples des réseaux sociaux numériques les plus connus : Facebook, Twitter, LinkedIn, MSN, Messenger…

Selon l’agence Insites consulting, 72 % des internautes sont présents sur au moins un réseau social de l’Internet, ce qui représente 940 millions de personnes dans le monde. Cette étude concerne les réseaux sociaux numériques, qui permettent la circulation des informations d’une personne à une autre sans recourir au contact physique. Il ne sera donc pas question des réseaux sociaux en général, qui forment un ensemble de liens entre les individus et les groupes sociaux, mais bien de l’outil Internet. Les termes réseaux sociaux numériques, réseaux sociaux Internet et réseaux sociaux de la toile sont tous plus ou moins utilisés par le monde journalistique pour caractériser ces interfaces numériques. La politique est également concernée. Le terme politique représente ici son sens le plus général, c’est-à-dire tout ce qui est relatif à l’organisation du pouvoir dans l’Etat et à l’exercice du pouvoir.

Alors que les réseaux sociaux numériques ont déjà séduit un grand nombre d’individus, comment la sphère politique mondiale interagit avec ce nouvel outil?

Nous parlerons d’abord de l’émergence des réseaux sociaux numériques sur le web, ensuite, nous verrons que les réseaux sociaux numériques sont un danger pour la politique puis pour finir nous verrons en quoi les réseaux sociaux numériques peuvent être utilisés comme outil marketing pour la sphère politique.

I. L’émergence des réseaux sociaux numériques sur le Web

Comme Internet, les réseaux sociaux, qui ont germé sur la toile, ont émergé de manière surprenante. Il y a six ans encore les réseaux sociaux Internet sont parvenus à faire exploser le nombre d’internautes mobilisés sur un même site. On a donc tourné la page du temps des blogs et on a ouvert celle de Facebook et de Twitter. Ces outils ont connu un succès mondial depuis 2004.

Nous avons donc pu créer, avec nos recherches, une frise chronologique assez globale de l’ascension des réseaux sociaux numériques:

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a) la création et les utilités

Les réseaux sociaux sont apparus sur le net dans les années 2000, ce qui fait d’eux un phénomène nouveau qui est encore peu étudié. Malgré leur apparition encore récente, certains de ces réseaux se sont déjà fortement démarqués sur le Web ; l’exemple de Facebook et de Twitter, les deux principaux réseaux, sera étudié. On peut observer une certaine ressemblance avec les blogs, mais ceux-ci restent encore très fermés par rapport à l’ouverture qu’offrent les réseaux. Le principe de base des réseaux sociaux sur le Web était de maintenir un contact virtuel permanent avec un grand nombre de personnes ; cela permet également de communiquer à distance afin d’informer et de s’informer à plusieurs niveaux tels que la famille, les amis, jusqu’à l’échelle mondiale. Mais avec le temps et après diverses évolutions, cette fonctionnalité n’est pas restée la seul. On voit à présent en les réseaux sociaux Internet, un nouveau contre-pouvoir qui a su attirer le regard de la sphère politique mondiale. Elle voit en eux un nouvel intérêt. Ces outils pourraient ouvrir une multitude d’autres possibilités sur le plan politique, lors des campagnes notamment.

Ces réseaux sociaux Internet permettent la création de véritables groupes dans lesquels les internautes s’identifient et se reconnaissent comme appartenant à ce groupe, aussi simple soit-il, comme les « Les fans de Coca-Cola » ou encore « Les mangeurs de Nutella » et prennent ainsi le statut de vrais groupes sociaux. Ceux-ci sont au final comparables à des groupes tels que l’UMP ou le PS.

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La page Facebook de Coca-Cola.

b) le succès mondial de 2004 à 2012

Les réseaux sociaux Internet ont commencé à prendre leur essor en 2004. Ils sont de plus en plus utilisés, par de plus en plus de personnes, mais c’est à partir de 2007 qu’ils connaissent leur plus grand succès. On observe alors une forte croissance du nombre d’utilisateurs.

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Croissance du nombre d’utilisateurs des réseaux sociaux en pourcentage de 2007 à 2013.

En automne 2007, par exemple, seul 40% des Français interrogés connaissent Facebook, ils sont plus de 95% deux ans plus tard. Même constat pour Twitter, 5% des Français interrogés ont entendu parler de Twitter à l’automne 2008, contre 60% un an plus tard. Ceci montre bien l’explosion des réseaux sociaux sur le Web depuis ces dernières années en France.

L’un des plus importants réseaux, Facebook, a ouvert en 2006 aux États-Unis, puis fut traduit en français en 2008. Le nombre d’utilisateurs de ce réseaux n’a alors cessé de croître depuis sa création.

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Croissance du nombre d’utilisateurs des réseaux sociaux Facebook, Twitter et Google+ en pourcentage de 2009 à 2013.

Un des facteurs qui peut différencier ces réseaux est notamment leur nombre d’utilisateurs nationaux mais aussi au niveau mondial. C’est dans ce domaine que Facebook se démarque des autres réseaux en concentrant le plus grand nombre d’utilisateurs au monde. Il est passé de 25 millions de comptes en mars 2007 à 350 millions en novembre 2009. Ce chiffre augmente, encore aujourd’hui, de manière constante.

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Les prévisions sur les réseaux sociaux laissent penser que leur progression perdurera dans les années à venir, et donc par conséquent leur impact sur nos sociétés.

c) Facebook et Twitter

On trouve d’abord Facebook, qui fut créé le 4 février 2004 par Mark Zuckerberg. Comme l’explique le film The Social Network, réalisé par David Fincher, Facebook a été initialement utilisé dans le cadre restreint de l’université d’Harvard, il s’élargit progressivement à d’autres universités et s’étend à partir du 26 septembre 2006 dans l’ensemble du pays. Il est alors accessible par toutes les personnes âgées d’au moins 13 ans. Facebook est également couramment appelé « le réseau des réseaux », car il concentre les particularités de plusieurs autres réseaux, telles que discuter, exposer sa vie privée, faire de nouvelles rencontres ou encore retrouver d’anciens amis. L’entreprise s’apprête en outre à entrer en bourse, où elle espère valoriser son capital jusqu’à 100 milliards de dollars, ce qui représente environs le PIB d’un pays comme le Maroc en 2011. Facebook est considéré comme étant le premier réseau à rassembler un aussi grand nombre d’internautes, mais détient une image moins sérieuse qu’un autre réseau social influent : Twitter.

Ce dernier fut créé en 2006 par Jack Dorsey. Ce site communautaire a connu la plus grande croissance au cours de ces dernières années : en 2009, 28% des internautes connaissent Twitter contre 80% en 2010. La particularité de ce réseau est l’envoi de messages, appelés « tweet » (« gazouiller » en français). Son sigle, qui est un oiseau bleu, est donc en correspondance avec ce terme. Chaque message ne doit pas dépasser les 140 caractères. Un caractère représente une lettre minuscule, une lettre majuscule, un chiffre, un espace ou un signe. Cela oblige donc les utilisateurs à adopter une forme d’expression concise. Chaque utilisateur de Twitter est appelé « tweetos ».

II. Les dangers des réseaux sociaux numériques pour la politique

a) de la transmission de l’information à la mobilisation

Le Web fait-il des révolutions ? Cette question, posée dans l’article de Fabien Granjon dans le mensuel Sciences Humaines d’Août/Septembre 2011, ne trouve pas de réponse claire étant donné les différents rôles joués par les réseaux sociaux Internet lors des mouvements de révolte. On trouve bien évidemment des aspects facilitant l’organisation de ces mouvements, mais nous verrons à travers l’exemple tunisien que les réseaux sociaux Internet furent la cible de beaucoup de détracteurs, qui parvinrent parfois à les utiliser en leur faveur. A travers l’exemple de la Tunisie, libérée du joug de Ben Ali le 13 janvier 2011, nous verrons tout d’abord comment les réseaux sociaux numériques permirent l’accaparation de l’information, puis l’effet d’entraînement qu’ils ont sur la population tunisienne.

L’accaparation de l’information sur les réseaux sociaux numériques :

Lors des périodes de crise politique, les réseaux sociaux Internet prennent un tout autre usage que le rôle qui leur est habituellement attribué. En effet, ils permettent certes toujours le contact entre les individus partageant des liens plus ou moins forts, mais ils ouvrent aussi la possibilité exclusive de faire passer des informations rapidement et efficacement. Ainsi, Facebook est le réseau social Internet le plus «peuplé » de tous, notamment en Tunisie, où le réseau comprend 2 millions de comptes. Cela représente en effet environ 20% de la population. Nous voyons donc que seul les réseaux sociaux Internet sont capables de toucher un public plus large, avec une certaine diversité culturelle.

Le réseau social Internet est plus rassembleur que la rue, mais les deux restes indissociables. En effet, les réseaux sociaux Internet ont un rôle mobilisateur et permettent lors des périodes de crise l’organisation de l’action collective. Comme pour les campagnes politiques françaises et américaines, le réseau n’est donc pas un lieu de mouvement, notamment au niveau du débat, mais avant tout un outil pour organiser cette action collective. Cette dernière est une action commune menée par plusieurs personnes ou un groupe social afin d’atteindre des fins partagées. Ici, la mobilisation a pour but de faire tomber la classe dirigeante. On peut donc considérer que Facebook et Twitter sont des outils permettant de rassembler les classes sociales, dans le but d’en faire céder une autre, ce qui revient à dire qu’ils sont des moyens de la lutte des classes.

De manière plus concrète, les réseaux sociaux Internet ont eu un rôle primordial dans l’action même, c’est à dire en pleine révolution. Ainsi, Twitter fut un outil précieux permettant d’informer sur la localisation des « snipers » à Tunis. Ce partage d’informations ne fut donc pas qu’idéologique et rassembleur, mais les informations diffusées furent aussi d’ordre militaire, les réseaux devenant ainsi un véritable poste de commandement à distance. Néanmoins, comme nous le constaterons par la suite, la difficulté d’accès à ces réseaux et leur surveillance permanente par le régime de Ben Ali ne permit pas toujours l’utilisation optimale du réseau.

Toutefois, après la chute de ce régime, beaucoup de ceux qui avaient lancés par leurs tweets et leurs messages la révolution étaient restés sur la toile et continuaient à publier d’autres messages, dont le but n’était plus de mobiliser, mais d’enclencher le débat. En effet, faute d’espace de débat publique, Facebook eut un rôle indispensable à la reconstruction du débat démocratique. Libéré de toutes contraintes autoritaires, ce fut la première fois qu’un réseau social Internet allait en ce sens.

L’effet d’entraînement :

Afin de mieux comprendre les événements de 2011 dans le monde arabe, nous étudierons dans les deux paragraphes suivants l’exemple tunisien, plus facilement traitable car le mouvement fut très rapide et moins complexe à analyser que d’autres. Il fut à l’origine de toutes les révolutions suivantes, qu’on regroupe généralement dans le même « Printemps arabe ».

Ainsi, en décembre 2008, des photos et des vidéos amateurs circulent sur Facebook, celles-ci ne sont pas directement censurées. Il s’agit ici de relayer le mouvement social du bassin minier de Gafsa, à 350 km au sud-ouest de Tunis.

Ces photos et messages de ralliement ont eu un effet mobilisateur efficace. L’euphorie collective agit également dans ce cas, « donnant aux gens l’envie et le courage d’aller manifester ». Ici, les réseaux sociaux sur Internet sont d’abord investis par des Hommes partageant des liens forts et voyant l’intérêt de s’y trouver. Par la suite, ceux à l’initiative de l’organisation sont rejoints par des amis, eux même rejoins par leurs amis, ce qui crée pour finir un réseau gigantesque, s’accroissant grâce aux liens forts (un internaute demande à un ami de s’inscrire pour soutenir tel ou tel événement), mais s’organisant pour finir en lien faible (ceux qui se mobilisent ne se connaissent pas tous entre eux). De plus, cet effet d’entraînement permet de passer outre le paradoxe du passager clandestin, car la cohésion sociale est très forte. De plus, chaque individu qui ne participerait pas à la mobilisation serait mise à l’écart et peut-être repéré.

Néanmoins, l’État tunisien, dépassé par une contestation générale qui a gagné une partie du sud du pays, répond au mouvement social avec violence pour reprendre le contrôle de la région et engage la répression. Les internautes sont traqués et le réseau est momentanément fermé.

b) la censure que fait appliquer la sphère politique

La liberté de censure propre à ces outils numériques :

Facebook interdit à ses utilisateurs de publier des contenus « incitant à la haine ou à la violence, menaçants, à caractère pornographique ou contenant de la nudité ou de la violence gratuite ». Des conditions strictes qui peuvent donner lieu à une fermeture pure et simple du compte si le réseau social juge qu’elles ne sont pas respectées.

Facebook n’est pas le seul à s’autoriser des libertés avec la censure sur son réseau. Twitter, Foursquare, Tumblr, Instagram… En épluchant les conditions générales d’utilisation, on s’aperçoit que les limites à la liberté d’expression sont omniprésentes.

Sont bannis tout contenu violent, incitant à la haine, menaçant, diffamant, pornographique ou affichant de la nudité, protégés par les droits d’auteur. Au moindre écart, la sanction est la même : « nous supprimerons votre compte ». Twitter, par exemple, n’y va pas par quatre chemins : « Twitter se réserve le droit de résilier immédiatement votre compte sans préavis dans le cas où l’utilisateur ne respecte pas ces conditions d’utilisation ».

Les pays qui censurent les réseaux sociaux :

Les réseaux sociaux numériques affichent des messages de ralliement qui ont eu des effets mobilisateurs efficaces. Une euphorie collective agit également dans ce cas, « donnant aux gens l’envie et le courage d’aller manifester ». Ainsi certains pays ont une politique contestée par leur population, les réseaux sociaux numériques jouent un rôle important dans les revendications.

> L’exemple Chinois :

Lorsque l’on tape le hashtag « OccupyCentral » sur Twitter ou Instagram, on se retrouve avec des milliers de photos de foules rassemblées à Hong Kong et de policiers faisant usage de gaz lacrymogènes du 27 Septembre au 15 Décembre 2014. Les manifestants, pour se protéger, utilisaient des parapluies, d’où le nom de « révolution des parapluies ». Ces manifestants protestent contre la décision de Pékin de limiter la portée du suffrage universel sur ce territoire à l’appel d’une organisation pro-démocratie, OccupyCentral. En réponse à ce rassemblement, Pékin a décidé de censurer les réseaux sociaux numériques.

Pour éviter la contagion à sa population, le gouvernement chinois a d’abord interdit différents mots-clés faisant référence à ces manifestations : OccupyCentral, bien sûr, mais aussi HongKong ou justice. Entre les 26 et 28 septembre 2014, selon Weiboscope, un projet de surveillance de la censure de l’université de Hong Kong, le nombre de posts inaccessibles a été multiplié par cinq.

Puis est venu le blocage d’Instagram. L’objectif est bien évidemment d’éviter la propagation des 15 000 photos et vidéos des militants pro-démocratie déjà présentes sur le réseau social. « Avant le blocage, de nombreux Chinois partageaient des clichés des manifestations en solidarité avec les manifestants », confirme le blogueur Wen Yunchao installé à New York. Quant au blocage de Twitter, il n’est pas nécessaire puisque le site de microblogging n’est pas autorisé dans le pays.

D’autres exemples de censure dans le monde :

Cependant la Chine n’est pas le seul pays au monde à censurer les réseaux sociaux numériques :

– L’Érythrée :

Dirigeant : Le président Issaias Afeworki, au pouvoir depuis 1993.

Comment fonctionne la censure : Seuls les médias d’Etat sont autorisés à opérer en Erythrée, et ils le font sous le contrôle absolu du ministre de l’Information, Ali Abdu. Les journalistes sont enrôlés de force dans leur travail et ne bénéficient d’aucune liberté éditoriale, ils reçoivent des instructions sur la façon de couvrir les événements. Les journalistes soupçonnés d’envoyer des informations en dehors du pays sont jetés en prison sans inculpation ni jugement et détenus pour de longues durées sans accès à leur famille ni à un avocat. Le gouvernement a expulsé le dernier correspondant étranger accrédité en 2007. Tous les fournisseurs de services Internet sont tenus de se connecter au World Wide Web par le biais du réseau d’EriTel géré par le gouvernement. Alors que les journalistes érythréens en exil gèrent de nombreux sites Web, l’accès à Internet n’est abordable que pour une poignée de citoyens et l’Internet mobile n’est pas disponible.

– La Corée du Nord :

Dirigeant : Kim Jong Un, qui a succédé à son père Kim Jong Il après la mort de ce dernier en décembre 2011. Son grand-père, Kim Il Sung, a gouverné la Corée du Nord de 1948 jusqu’à sa mort en 1994.

Comment la censure fonctionne : Presque tous les contenus des 12 principaux journaux, 20 périodiques, et diffuseurs sont dictés par la KCNA et mettent l’accent sur les déclarations et les activités supposées des dirigeants politiques. Les élites dirigeantes ont accès au World Wide Web, mais le public est limité à un réseau très contrôlé et censuré sans liens avec le monde extérieur. Bien que l’agence Associated Press ait ouvert, en janvier 2009, un bureau à Pyongyang doté de personnels nord-coréens, elle n’a pas été autorisée à avoir sa propre connexion Internet et les correspondants n’ont pas de ligne de communication sécurisée. Un groupe de soutien des médias basé au Japon, Asiapress, a donnée aux bénévoles nord-coréens une formation en journalisme et des caméras vidéo pour filmer la vie quotidienne dans le Nord. Téléchargées sur supports DVD ou clés USB, les images sont passées en contrebande à travers la frontière poreuse avec la Chine, puis envoyées au Japon pour une distribution plus large. Seul un petit nombre de journalistes étrangers sont généralement autorisés à avoir un accès limité au pays chaque année, et ils doivent être accompagnés partout par des anges gardiens.

– La Syrie :

Dirigeant: Le président Bachar al-Assad, qui a pris le pouvoir à la mort de son père en 2000.

Comment fonctionne la censure: Depuis le début des manifestations qui appellent à la chute de M. Assad en mars 2011, le régime a imposé un black-out sur la couverture indépendante de l’actualité, empêchant les journalistes étrangers d’entrer sur le territoire et de travailler librement, procédant à des arrestations et attaques de journalistes locaux qui tentent de couvrir les manifestations. De nombreux journalistes ont été portés disparus ou détenus sans inculpation, et beaucoup affirment avoir été torturés en détention. La presse internationale s’est largement appuyée sur les séquences filmées par des journalistes citoyens dans des conditions très dangereuses. Au moins neuf journalistes ont été tués dans l’exercice de leur fonction depuis novembre 2011, dont six dans des circonstances dans lesquelles la culpabilité du gouvernement est soupçonnée. Dans sa campagne pour faire taire les médias, le gouvernement a désactivé les téléphones mobiles, les téléphones fixes, l’électricité, et l’Internet. Les autorités ont systématiquement arraché des mots de passe de sites de médias sociaux auprès de journalistes par la bastonnade et la torture. Le groupe pro-gouvernemental en ligne, l’armée syrienne électronique, a fréquemment piraté des sites Web pour poster des documents du régime, et le gouvernement a été impliqué dans des attaques par de logiciels malveillants ciblant les reportages sur la crise.

– L’Iran :

Dirigeant : L’ayatollah Ali Khamenei est chef suprême depuis 1989, Mahmoud Ahmadinejad a remporté pour la première fois l’élection présidentielle en 2005.

Comment fonctionne la censure: Le gouvernement utilise l’emprisonnement de masse de journalistes comme un moyen de faire taire la dissidence et de réprimer les reportages indépendants sur l’actualité. Depuis 2009, les médias réformistes, jadis puissants ont été anéantis par une attaque du gouvernement qui comprenait l’interdiction de publication et des arrestations et emprisonnements massifs de journalistes sur des chefs d’accusations de menées antiétatiques. Les journalistes emprisonnés sont soumis à des conditions horribles, notamment l’isolement, la violence physique, et la torture. Les familles des journalistes sont également intimidées et harcelées dans le but de les museler. Les autorités iraniennes conservent un des régimes de censure sur Internet les plus sévères au monde, bloquant ainsi des millions de sites Web, y compris des sites d’informations et des sites de réseaux sociaux. Elles utilisent des techniques sophistiqués pour détecter les interférences avec les programmes de lutte contre la censure ainsi que l’intimidation des journalistes par l’intermédiaire des réseaux sociaux. Le régime brouille fréquemment les signaux satellites, en particulier ceux du Service persan de la BBC.

– La Guinée équatoriale :

Dirigeant : Teodoro Obiang Nguema, au pouvoir depuis 1979 à la faveur d’un coup d’Etat.

Comment fonctionne la censure : Le gouvernement de M.Obiang contrôle étroitement toutes les informations diffusées sur les ondes nationales. Théoriquement, certains journaux sont privés, mais aucun d’entre eux n’est indépendant, dans la mesure où M. Obiang et ses associés exercent un contrôle direct ou indirect. Les médias d’Etat ne diffusent pas d’informations internationales sauf si M. Obiang ou un autre responsable du gouvernement effectue un déplacement à l’étranger. La censure applique des règles rigides en vue de projeter une image positive du régime; les journalistes qui n’obtempèrent pas risquent la prison pour délits criminels y compris la diffamation. Les agents de sécurité suivent de près les journalistes étrangers et restreignent la prise de photos et de vidéos sur la pauvreté. Le gouvernement a payé un total de 1,2 million de dollars américains à trois entreprises de relations publiques basées à Washington entre avril et octobre 2010 pour produire des informations positives sur la Guinée équatoriale, selon un rapport du Département américain de la Justice.

– L’Ouzbékistan :

Dirigeant: Le président Islam Karimov, élu une première fois en 1991.

Comment fonctionne la censure: Aucun média indépendant n’est basé en Ouzbékistan. Les journalistes indépendants, pour la plupart des collaborateurs de média basés à l’extérieur du pays, font l’objet d’interrogatoires et de poursuites pour diffamation ou pour des délits passés de mode comme «offense aux traditions

nationales ». Ceux-ci et leurs familles sont harcelés et voient leur réputation ternie; les médias d’Etat publient des informations sensibles concernant certains. Muhammad Bekjanov et Yusuf Ruzimuradov du journal d’opposition Erk ont été emprisonnés plus longtemps que tout autre journaliste dans le monde, ont révélé les enquêtes du CPJ. L’accès Internet aux sites d’informations et aux radios indépendantes en ligne est bloqué, de même que certains mots clés et sujets sur les pages Web individuelles. Les journalistes étrangers se voient refuser le visa et l’accréditation.

– La Birmanie :

Dirigeant: Le président Thein Sein, un ancien général arrivé au pouvoir après les élections de 2011 qui ont largement favorisé les candidats soutenus par les militaires.

Comment fonctionne la censure: Bien que la Birmanie ait fait la transition du pouvoir militaire à un gouvernement civil, libéré des journalistes parmi des centaines de prisonniers politiques et promis plus de réformes, son grand dispositif de censure est resté bien en place. Tous les journaux privés de la Birmanie sont obligés de publier toutes les semaines au lieu de le faire tous les jours à cause d’un étouffant dispositif de censure et de prépublication. La Division de l’enregistrement et de la surveillance de la presse du gouvernement (PSRD) censure toutes informations de nature à ternir l’image des militaires et du gouvernement qu’elle soutient, et impose un black-out total sur la diffusion d’informations sur le conflit armé avec la rébellion ethnique Kachin dans l’extrême nord du pays. Le gouvernement a une mainmise sur la radio et la télévision avec un flux régulier de propagande. La loi interdit la possession d’un ordinateur sans permis et la diffusion ou l’affichage de matériaux non autorisés sur l’internet. Les peines d’emprisonnement ont été utilisées pour punir des journalistes travaillant pour des groupes de presse en exil. Des dispositions légales ont imposés en 2011 une interdiction d’utilisation des clés USB et de la Voix sur IP (VoIP) dans les cafés internet. Les journalistes locaux travaillant pour des organismes internationaux sont soumis à une surveillance policière constante, d’autres ne publient que sous des pseudonymes pour éviter d’éventuelles représailles. Les journalistes étrangers se voient refuser régulièrement des visas de journalistes, sauf si le gouvernement vise à faire la promotion d’un événement parrainé par l’État. Ceux en possession de visas de tourisme qu’on surprend en train de diffuser des informations sont expulsés.

– L’Arabie Saoudite :

Dirigeant : Le Roi Abdullah bin Abdulaziz Al-Saoud, qui a succédé à son demi-frère, le roi Fahd, en 2005.

Comment fonctionne la censure : La loi qui régit les médias au royaume saoudien est hautement restrictive et est rédigée en des termes vagues avec des sanctions sévères et arbitraires. Les autorités ont le droit de nommer et de licencier les rédacteurs en chef des médias traditionnels à leur guise; à la suite de l’émergence d’un secteur dynamique et non réglementé de médias en ligne, ils ont introduit des restrictions similaires sur l’internet. Les règlements exigent l’enregistrement des rédacteurs auprès du gouvernement ainsi que leur approbation pour toute organisation ou individu qui pratique du « journalisme électronique » ou « diffuse des contenus audiovisuels » en ligne, alors que les critères d’approbation ne sont que vaguement définis. Aucun journaliste local ou étranger n’a obtenu d’accès à la province de l’Est, où des manifestants appellent à des réformes politiques et à davantage de droits pour la minorité chiite depuis février 2011. Les sites d’information locaux qui ont diffusé des informations sur les troubles ont été fermés et leurs directeurs de publication arrêtés. Des informations sont disponibles sur les événements qui se passent en dehors de l’Arabie saoudite, mais la presse internationale qui opère à l’intérieur des frontières du pays limite sa couverture afin de maintenir son accréditation.

– Cuba :

Dirigeant : Le Président Raúl Castro, qui a succédé à son frère, Fidel Castro, en 2008. Le pays a été un Etat communiste avec un parti unique depuis que Fidel Castro a pris le pouvoir lors d’une révolution en 1959.

Comment fonctionne la censure : Tous les médias nationaux d’informations autorisés sont contrôlés par le Parti communiste qui ne reconnaît la liberté de la presse seulement qu’«en conformité avec les objectifs de la société socialiste». Les fournisseurs de services Internet sont tenus de bloquer les contenus indésirables. Tous les journalistes indépendants et blogueurs travaillent sur des sites Web qui sont hébergés à l’étranger et mis à jour à travers les ambassades ou les connexions d’hôtel coûteuses. Bien que le dernier des 29 journalistes indépendants emprisonnés dans la répression du Printemps Noire de 2003 a été libéré en avril 2011, le gouvernement continue de persécuter les journalistes critiquant le régime avec des arrestations arbitraires, des détentions de courte durée, la bastonnade, la surveillance et les campagnes de dénigrement sur les médias d’État et sur Internet. Les partisans du gouvernement se rassemblent parfois devant les maisons des journalistes critiquant le régime pour les intimider. Les autorités délivrent des visas aux journalistes étrangers de façon sélective.

– La Biélorussie :

Dirigeant : Le président Alexandre Loukachenko, au pouvoir depuis 1994.

Comment fonctionne la censure : Les tactiques généralisées de M. Loukachenko contre la presse comprennent les poursuites de journalistes, les emprisonnements, les interdictions de voyager à l’encontre des journalistes critiques; des raids sur les salles de rédactions des journalistes indépendants, la confiscation en quantité importante de journaux et la saisie d’équipements de production; le fait de ne pas enquêter sur les meurtres d’au moins trois journalistes pendant les 10 dernières années. Après l’élection truquée de 2010, il a sévi contre tout ce qui restait des médias indépendants, en les éliminant. Il est interdit de travailler comme journaliste sans accréditation délivrée par le gouvernement; la télévision appartient à l’État où est contrôlée par celui-ci. En 2010, M. Loukachenko a décrété une loi pour censurer Internet. Il a créé une agence pour appliquer la loi et a placé son propre fils à la tête de cette agence. Peu de temps après sa création, l’agence a inscrit sur sa liste noire des sites web indépendants et d’opposition. L’accès du public à Internet nécessite une pièce d’identité, ce qui permet au KGB de surveiller les utilisateurs. Au moins un site d’opposition a été la cible d’attaques de pirates, y compris celui dans lequel un mot de passe obtenu par l’intermédiaire de logiciels malveillants a été utilisé pour faire circuler des informations fausses au sujet d’un homme politique de l’opposition.

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Une partie des pays qui censure Internet et les réseaux sociaux numériques.

La censure des réseaux sociaux découle de la transmission de l’information sur ces réseaux qui conduisent ensuite à la mobilisation des populations.

c) les printemps arabes

Le « Printemps arabe » est un ensemble de contestations populaires, d’ampleur et d’intensité très variables qui se sont produites dans de nombreux pays du monde à partir de décembre 2010.

Les réseaux sociaux ont joué un rôle non négligeable dans ces révolutions. En effet, en Tunisie, premier pays touché par ces événements, état où la presse écrite et les médias audiovisuels ainsi que la liberté d’expression individuelle sont surveillés, la Toile s’est réveillée être un nouvel espace d’expression jusque là peu connus. Les militants étaient dans la rue le jour et devant leur écran le soir. Par le biais de réseaux sociaux, ces hommes et ces femmes, décidés à s’exprimer, ont fait passer les slogans, les rendez-vous, les organisations, des futures manifestations. Le gouvernement a rapidement essayé de freiner cette nouvelle venue en arrêtant plusieurs internautes. Cependant, ces mesures n’ont pas réussi à faire taire le peuple tunisien qui partageaient et rendait public tous rassemblements et toutes manifestations sur les réseaux sociaux.

Les tunisiens ont finalement reçu l’aide collectif de hackers Anonymous qui a lancé des attaques contre les sites officiels tunisiens et a tenté de rassembler un maximum de tunisiens à cette cause. Le régime a réagi en mobilisant des employés de l’Agence Tunisienne d’Internet, le combat entre le système de censure officiel et Anonymous a commencé.

Mais cette révolution 2.0 ne s’arrête pas aux frontières de la Tunisie. En Iran, par exemple, les réseaux sociaux ont, entre autre, permis de médiatiser à l’étranger les vidéos des manifestations et aussi à rallier d’autres pays à leur cause.

Pendant ces révolutions, le nombre de connectés à des réseaux sociaux a fortement augmenté. Par exemple, pendant les événements, 5 millions d’égyptiens avaient un compte Facebook, soit cinq fois plus que deux ans auparavant.

En Egypte, la semaine qui a précédé la chute de Hosni Mouharak (ancien président égyptien) a vu le nombre de tweets concernant les changements en Egypte passer de 2 300 à 230 000 par jour.

Les réseaux sociaux ont ainsi permis au monde d’accéder à une information non censurée par les régimes politiques. Ils ont également permis à l’internaute de se rendre compte qu’il n’était pas seul.

Cependant, le rôle des réseaux sociaux est à nuancer. Ce ne sont pas eux qui ont renversé les régimes, ce sont les peuples, leur détermination et leurs actions.

III. Un outil marketing pour la sphère politique

a) campagnes présidentielles françaises de 2007 et 2012

L’émergence des réseaux sociaux Internet a bouleversé les codes traditionnels de la politique. L’importance des débats sur les médias de masse traditionnels, comme la télévision ou la radio, s’amoindrit, tandis que les débats suscités par les internautes sur ces réseaux prennent de l’ampleur. Dans quelle mesure les politiciens se sont adaptés aux nouveaux codes politiques des réseaux sociaux ? Pour répondre à cette question, nous devons, dans un premier temps, observer la relation de la classe politique française avec ces nouveaux outils, puis nous étudierons, dans un second temps, l’évolution de la communication politique due aux réseaux sociaux, enfin nous analyserons les différences des campagnes de 2007 et de 2012 du point de vue de ces vecteurs de la vie politique moderne.

Les politiques et le Web social :

Il existe de grandes disparités entre responsables politiques en ce qui concerne les réseaux sociaux Internet. On note tout d’abord que, selon le site Internet Elus 2.0, 79 députés sur 575 n’ont pas d’autre présence sur le Web que leur page Wikipédia, soit 14%. Avec cette première constatation, on peut nuancer l’influence de l’Internet sur les Politiques. Bien que ce dernier soit paru depuis plusieurs années déjà, certains Hommes politiques restent méfiants ou tout simplement peu intéressés. La plus probable explication de ce manque d’intérêt serait l’âge moyen élevé des députés.

Bien que 40 millions de Français surfent sur l’Internet et plus de 20 millions disposent d’un compte Facebook, seuls 22% des députés disposent d’un compte Twitter et seuls 10% des blogs de députés permettent le débat. De ces chiffres, on retiendra que la population s’adapte plus vite aux nouveaux outils technologiques que la classe politique. La principale raison est l’âge. Pour les députés, l’âge moyen est de 59 ans et 7 mois. Ce chiffre ne correspond pas à l’âge du Français moyen, qui est de 40 ans. La différence (de 19 ans) est donc suffisamment grande pour expliquer cette disparité.

Pourtant, la plupart des responsables politiques ont compris que le Web donnait une ampleur inédite. C’est le lieu de rassemblement de millions de personnes. Le message politique ne peut qu’être mieux transmis.

De manière plus précise, tous les bords de l’échiquier politique ne sont pas égaux face à l’Internet :

> La première distinction concerne les partis majoritaires des partis minoritaires. L’Union pour un Mouvement Populaire (UMP) et le Parti Socialiste (PS) peuvent être considérés comme des partis majoritaires, car ils ont exercé le pouvoir de manière directe ,parce qu’ils ont une réelle emprise sur le Parlement et enfin car ils possèdent un nombre de militants largement supérieur aux autres partis politiques. Ainsi, les autres partis politiques sont considérés comme minoritaires pour des raisons inverses. Cette distinction est également réaffirmée de manière constitutionnelle, car la 5ème République prévoit, pour les élections présidentielles, un second tour à deux candidats. Or, la plupart des duels du second tour ont concerné les deux forces majeures de la droite et de la gauche. On aurait donc tendance à croire que les partis majoritaires sont omniprésents sur le Web. Cependant, la réalité est inverse. Les partis minoritaires tel que le Mouvement Démocrate (MoDem) et le Front National (FN), sont surreprésentés sur le Web. La raison est simple. Etant donné qu’ils se disent délaissés par les médias de masses traditionnels, comme la télévision ou la radio, ils utilisent ce nouveau média leur permettant une réelle liberté d’expression. L’UMP et le PS sont pour leur part à la traîne. Ils n’ont toujours pas compris que sur le Web, si on veut attirer les foules, il faut laisser place au débat.

> La seconde distinction concerne exclusivement les partis minoritaires. Ceux-ci ont la même stratégie sur le Web. Toutefois se distingue le Front National. Il est le parti le plus populaire sur Facebook. De cette observation, plusieurs hypothèses peuvent être faites. D’abord, on peut penser que, comme le FN occupe une petite place à la télévision, le parti est contraint de se rabattre sur l’Internet, média le plus ouvert. Puis, on peut conjecturer également que l’anonymat que procure le Web permet à des personnes moins déterminés à affirmer publiquement leur soutien à ce parti. On peut également distinguer le MoDem des autres partis minoritaires. En effet, le candidat MoDem à la présidentielle, François Bayrou, a décidé après son discours de candidature de tenir une « Twitter conférence ». Cette conférence était l’occasion pour François Bayrou de répondre directement via Twitter aux internautes qui lui posaient des questions.

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François Bayrou annonçant un « twinterview », néologisme de Twitter et interview, soit une conférence Twitter.

> La dernière distinction concerne les membres du parti majoritaire UMP. Ce parti a été au pouvoir en 2007. On peut donc s’intéresser à l’usage que les ministres ont fait des réseaux sociaux Internet. Tous les ministres étaient présents sur les réseaux. Il existe toutefois des disparités. Ainsi, l’ancien Premier Ministre François Fillon envoyait des tweets comme ses ministres, mais sous couvert d’anonymat. En effet, ce dernier se cachait sous le pseudonyme de « fdebeauce » (Beaucé étant l’un des lieux de résidence de François Fillon). Le Président de la République lui reprochait de passer ses journées à poster des tweets au lieu de s’affairer. De ces deux cas, on peut s’interroger. Un Ministre a-t-il le temps de disposer des réseaux ? N’est-ce pas faillir à son devoir ? Dans le débat public, aucune interrogation n’est réellement posées, pour la simple et bonne raison, que les réseaux sociaux Internet sont considérés comme un moyen de communication comme un autre. De plus, le budget de chaque ministère pour le seul domaine de la communication bloque de grandes sommes. Or ce genre de média n’est pas coûteux, c’est pourquoi on a peu entendu de cette polémique.

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François Fillon avouant avoir été démasqué sur Twitter.

En conclusion de cette vision de la politique et du Web social, on peut affirmer que la tendance est au développement de la présence des partis « durs » sur l’Internet et plus précisément les réseaux sociaux. Selon certains observateurs, le point d’orgue des réseaux utilisés par les responsables politiques s’est situé aux abords des élections municipales de 2014. Ainsi, la dimension humaine et originelle des réseaux a été mise en avant, car les municipales sont avant tout des élections locales.

Une nouvelle forme de communication politique : de la communication verticale à la communication horizontale :

Avec l’essor des réseaux sociaux Internet, une nouvelle forme de communication politique a émergé. En effet, au cours de ces dernières années, les Politiques considéraient que les réseaux sociaux Internet n’étaient que des simples médias diffuseurs de l’information. Or, ce n’est pas l’usage que les internautes voient dans ces réseaux sociaux. Ces derniers attendent qu’une réelle communication se forme entre politique et citoyen. Le débat doit occuper une plus grande place dans la vie politique.

Ainsi, on observe un changement dans la communication politique. Les politiques qui ont compris ce besoin citoyen ont commencé à dialoguer avec les internautes, tandis que les Politiques de l’ancienne génération continuent de diffuser des informations sur leur agenda.

La tendance vis-à-vis des réseaux sociaux est maintenant le passage d’une communication verticale à une communication horizontale. Dans une communication verticale, le politique reste sur un piédestal et « méprise » les citoyens, tandis que dans une communication horizontale, le politique et le citoyen son sur un pied d’égalité, assurant ainsi le débat, et de surcroît la démocratie.

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Les deux types de communication politique.

Les spécificités de la campagne présidentielle de 2012 :

De plus en plus de personnes utilisent les réseaux sociaux Internet. Ainsi, leurs rôles dans les campagnes présidentielles sont croissants.

La tendance générale est au débat et à la conversation entre le citoyen et le politique. De ce fait, on a observé de plus en plus des politiques poser des questions sur Facebook ou Twitter.

Plus intéressant encore est le fait que même les réseaux sociaux Internet sont politisés. Ainsi, Twitter est jugé plutôt à gauche, tandis que Facebook est considéré plutôt à droite.

Dans le classement Facebook, on peut retenir la grande avancée que possède Nicolas Sarkozy sur ses concurrents. De plus, on remarque que Jean-Luc Mélanchon et François Bayrou progressent. Cela s’explique par la stratégie de communication orientée vers les réseaux sociaux Internet qu’ils dirigent.

Le classement Twitter présente des résultats opposés à celui qui le précède. En effet, si sur Facebook, Nicolas Sarkozy mène, sur Twitter, c’est François Hollande qui domine. De plus, la progression de François Bayrou est ici encore plus remarquable.

b) campagne présidentielle de Barack Obama (2008)

La campagne présidentielle menée par Barack Obama en 2008 est l’exemple d’une campagne novatrice.

Observant un désintérêt de le population américaine face aux élections, Barack Obama a décidé d’innover en se présentant avec un nouveau principe : celui d’aller à la rencontre de ses électeurs. Ce principe, n’est en réalité pas nouveau, la manière de l’exercer est nouvelle. En effet, Obama a mêlé Internet et terrain afin d’avoir plus d’influence sur l’ensemble de la populations et a opté pour un nouveau type de financement : les « dons populaires ».

Une campagne tournée vers la population :

Barack Obama a été le premier candidat à une élection à s’apercevoir de l’énorme potentiel des réseaux sociaux et des avantages qu’il pouvait en tirer, d’où le thème de sa campagne : « Go where the people are », traduit en français par : « Aller là où les gens sont ». Il s’est avéré que c’était un excellent moyen de drainer des milliers de partisans, étant donné le grand nombre d’utilisateurs des réseaux sociaux aux Etats-Unis. En effet, en 2008, on dénombrait 26 millions d’utilisateurs Facebook dans ce pays. Cela permet également de jouer sur la mobilisation des individus car on a observé en Amérique, avant la campagne présidentielle, un très haut taux d’abstention aux élections. Cette nouveauté permet aussi de passer des campagnes traditionnelles, avec la mise en avant d’un projet politique, à une dynamique moderne, qui permet de dévoiler la personnalité du candidat qui n’attend pas la venue des électeurs, mais qui, au contraire, va à leur rencontre. Environ 10 millions de personnes ont participé à la campagne, dont 1,2 millions présents sur le terrain afin de recueillir le plus grand nombre de votes possibles. En effet, le rôle de ces militants, recrutés par l’intermédiaire d’Internet, est de faire du porte à porte afin de faire campagne au nom de leur candidat. Internet permet donc indirectement de transmettre aux électeurs les plus convaincus le pouvoir de représenter une idée politique. Cette confiance léguée aux électeurs est aussi un signe de changement. C’est une mobilisation exceptionnelle principalement due aux réseaux sociaux que l’on peut nommer « miracle démocratique ». Ainsi, Barack Obama a réussi a créé une véritable « Communauté Obama » sur les réseaux sociaux Internet.

Être sur Internet et sur le terrain : une combinaison innovatrice :

Cette campagne a mis en avant une idée tout à fait nouvelle, celle de combiner diverses formes de campagne : sur le terrain, mobilisation de personnes, campagne sur Internet, discussions, débats etc… Cette idée permet aux électeurs une plus grande part d’action que ce soit chez eux ou ailleurs. Cette campagne, réunissant près d’1,2 millions de personnes sur le terrain, a permis de créer une véritable armée de personnes prête à faire du porte à porte pour le seul compte de Barack Obama. Les nouvelles technologies permettent alors une plus simple organisation de la campagne étant donné que les réseaux sociaux ne sont pas principalement le lieu de débat mais plutôt le lieu d’organisation de différents groupes d’actions qui iront sur le terrain obtenir des votes pour Obama. Ces réseaux sont avant tout un lieu de recrutement plutôt que de communication. Tout ceci permet aussi un plus grand partage des idées de citoyen en citoyen, ce qui représente une grande nouveauté. On peut observer l’exemple de Facebook pour lequel il existe des groupes de soutien à Barack Obama dans chaque Etat, qui préparent tous des actions ou des mobilisations lorsque le candidat se présente dans ces derniers.

Une innovation fondamentale : le financement populaire :

Lors de cette campagne, on a vu s’établir une nouvelle forme de financement, appelée « dons populaires », c’est-à-dire que le candidat n’est plus le seul à amener de l’argent pour sa campagne mais que les électeurs eux-mêmes y participent. Il existe depuis toujours des dons pour les campagnes mais rarement populaires et de cette ampleur. En effet, environ 3 millions de personnes soit 1% de la population totale américaine sont donateurs. Ainsi, la campagne de Barack Obama brasse environ 1,6 milliards de dollars contre 880 millions en 2004, soit 2 fois plus, que lors de sa précédente campagne. Avec ces chiffres, il distance ses concurrents, comme par exemple, John McCain qui, grâce à une campagne classique, n’a récolté que 350 millions de fonds. Le résultat de ce financement populaire est sans aucun doute l’une des principales innovations de cette campagne. Encore une fois, on peut apercevoir l’impact des réseaux sociaux qui ont encouragé les internautes présents sur ces réseaux à faire des dons.

Conclusion

Des Etats-Unis aux révolutions Arabes en passant par la France, le rôle politique des réseaux sociaux numériques croît. La naissance de ces derniers a renouvelé la manière de communiquer des Politiciens. Ces nouveaux outils de la communication politique, d’abord utilisés en Amérique, voient leur essor arriver en France. Aujourd’hui, on leur prête également le rôle de mobilisateur grâce au rôle qu’ils ont joué dans les révolutions Arabes. Toutefois, il est certain que les réseaux sociaux Internet ne sont que des outils manipulés par des Hommes. Ces derniers restent donc les véritables sources des changements sociaux.

L’évolution actuelle des réseaux sociaux dans le monde est inédite. Il apparaît comme évident qu’ils jouent et joueront encore un rôle dans les choix politiques à venir. Le nombre d’interrogations sur ce phénomène est en constante croissance. D’où l’affirmation qu’aucune thèse forte sur les réseaux sociaux n’a encore été pleinement admise.

Selon nous, le rôle politique des réseaux sociaux Internet est à relativiser. Il est clair qu’ils facilitent la transmission et l’accès à l’information dans le monde et à tout moment. Cependant, la force de mobilisation qu’on leur prête parfois abusivement peut être discutée. En effet, la force mobilisatrice provient de liens plus ou moins intenses que les individus entretiennent mutuellement. Car si les réseaux sociaux Internet permettent de converser à partir de liens faibles, ce sont les liens forts qui engendrent l’action collective.

Glossaire

L’effet de génération : lien de causalité entre la génération de laquelle ressort la sous-population étudiée et la variable considérée toutes choses étant égales par ailleurs, ce qui signifie que le seul fait d’appartenir à une certaine génération détermine au moins en partie la valeur de la variable telle que constaté pour cette génération.Ici les députés n’ont pas d’intérêts pour les réseaux sociaux numériques à cause de leur âge.

Les hackers Anonymous : (traduit de l’anglais : « anonyme » en français) un mouvement hacktiviste, se manifestant notamment sur Internet. Le nom de ce collectif est considéré comme un mot fourre-tout désignant des membres de certaines communautés d’internautes agissant de manière anonyme dans un but particulier (souvent pour défendre la liberté d’expression). Les actions informatiques et physiques attribuées à Anonymous sont entreprises par des activistes non identifiés. Lors des manifestations physiques du collectif, les membres sont généralement masqués (voir photo ci-dessous). Ils se présentent comme des défenseurs du droit à la liberté d’expression sur Internet et en dehors.

Un internaute : personne utilisant Internet.

Un lien faible : lien qui relie deux réseaux sociaux.

Un lien fort : lien qui relie deux individus dans un réseau social.

(Illustration des liens forts et des liens faibles issue de l’étude d’Eytan Bakshy)

Un passager clandestin : personne qui obtient et profite d’un avantage (augmentation du salaire, situation favorable, etc.) sans avoir investit autant d’efforts (temps, mobilisation, argent, etc.) que les autres membres du groupe.

Un réseau social : un ensemble d’individus ou des groupes, reliés entre eux par des liens plus ou moins forts, suite à des interactions entre les individus.

Un hashtag : Le hashtag est un marqueur de métadonnées couramment utilisé sur internet où il permet de marquer un contenu avec un mot-clé plus ou moins partagé. Composé du signe typographique croisillon « # » (appelé hash en anglais), suivi d’un ou plusieurs mots accolés (le tag, ou étiquette), il est particulièrement utilisé sur les IRC et réseaux sociaux.

Bibliographie

Bibliographie :

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Sitographie :

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http://www.gentside.com/politique/les-reseaux-sociaux-representent-ils-un-danger-pour-la-politique_art41651.html

Filmographie :

The Social Ntework, David Fincher.